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Comment l’EXERCICE protège contre l'hypertension

Actualité publiée il y a 5 jours 14 heures 20 min
Acta Physiologica
Pratiquer l'exercice permet de réduire le risque d'hypertension artérielle (Visuel Adobe Stock 491092208)

Pratiquer l'exercice permet de réduire le risque d'hypertension artérielle. Cette équipe de l'Université Juntendo (Tokyo) identifie la voie cérébrale impliquée dans ce mécanisme, et qui pourrait être exploitée pour lutter contre l'hypertension artérielle. La recherche, publiée dans la revue Acta Physiologica, décrypte en effet comment l'exercice rétablit les niveaux d’un gène régulateur de la tension, STAT3, dans l'amygdale, ce qui permet de prévenir ainsi l’HTA induite par le stress.

 

L'hypertension artérielle (HTA) est une maladie handicapante et une cause majeure de décès prématuré. Le stress chronique joue un rôle important, mais le mécanisme sous-jacent impliquant les voies biochimiques par lesquelles le stress conduit à l’HTA reste incompris. La compréhension de ces voies pourrait conduire au développement d'agents thérapeutiques pour lutter contre l'hypertension.

 

On sait que le stress chronique augmente la pression artérielle, tandis que l'exercice régulier exerce des effets anti-stress et antihypertenseurs. Cependant, les mécanismes de l'hypertension induite par le stress et de ces effets bénéfiques de l'exercice restent inconnus.

 

Cette recherche révèle que c’est en réactivant un gène, STAT3, essentiel au fonctionnement normal de l’amygdale, une région du cerveau impliquée dans l’expérience des émotions ; que l’exercice contribue aussi à réguler la pression artérielle.

 

« Dans l’amygdale, le gène STAT3 est impliqué dans la régulation de la pression artérielle et joue un rôle dans l’élévation de la pression artérielle en réponse au stress chronique. Il pourrait également être impliqué dans l’amélioration du stress par l’exercice volontaire », écrivent les chercheurs. Enfin, l’amygdale est un acteur clé de la réponse cardiovasculaire de l’organisme. En cas de stress prolongé, cette région déclenche une augmentation de la pression artérielle, augmentant le risque de maladie cardiaque.

 

L’étude a soumis des souris, pour en faire des modèles de stress, à 3 semaines de stress chronique, un groupe ayant accès à l’exercice par l’intermédiaire d’une roue d’exercice, puis mesuré les niveaux de pression artérielle et l’expression de différents gènes dans l’amygdale pour identifier leurs changements au niveau moléculaire, sous l’effet du stress, avec et sans exercice. Ces expériences révèlent que :

 

  • le stress chronique entraîne une augmentation marquée de la pression artérielle ;
  • l’analyse de l’expression génétique révèle une diminution de l’expression du gène STAT3 dans l’amygdale ;
  • les souris stressées mais pratiquant l’exercice maintiennent une pression artérielle normale 

  • et une expression accrue de STAT3 ;
  • le blocage de l’expression de STAT3 dans l’amygdale, en l’absence de stress, produit à lui-seul une augmentation de la pression artérielle, soulignant la fonction primordiale de ce gène dans le contrôle cardiovasculaire.

 

Ainsi, l’amélioration de la dynamique cardiovasculaire après l’exercice peut être attribuée à l’expression de STAT3. Ces travaux mettent donc en évidence un mécanisme cérébral jusqu’alors inconnu sous-jacent à cette capacité de l’exercice à combattre l’hypertension artérielle.

 

Alors que l’activité physique régulière est déjà recommandée pour la santé cardiaque, cette étude suggère qu’elle pourrait également servir de thérapie non médicamenteuse de l’hypertension induite par le stress et les troubles associés comme l’anxiété. Ce qui a déjà été suggéré par de nombreuses recherches.

 

Les chercheurs vont maintenant regarder quels sont les types plus spécifiques d’exercice permettant d’améliorer l’activité de STAT3 dans l’amygdale, afin d’offrir une protection optimale contre l’hypertension.

« L’exercice, c’est bon aussi pour le mental »


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