Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

HORLOGE : Éviter les troubles associés aux horaires décalés, c'est possible

Actualité publiée il y a 1 mois 1 jour 20 heures
Science
La déconnexion de certaines connexions nerveuses pourrait corriger la suralimentation et la prise de poids associées à une horloge décalée  (Visuel Adobe Stock 308086464)

Cette recherche menée par une équipe de biologistes de l’Université de Pennsylvanie qui établit un lien entre la communication foie-cerveau et les habitudes alimentaires quotidiennes, révèle que la déconnexion de certaines connexions nerveuses au niveau du nerf vague pourrait corriger la suralimentation et la prise de poids associées à une horloge décalée. Alors que de plus en plus de personnes dans nos sociétés modernes suivent des horaires décalés, l’équipe suggère ainsi, dans la revue Science que cibler des parties spécifiques du nerf vague pourrait contribuer à réduire la suralimentation causée par des horloges biologiques perturbées et prévenir ainsi au moins en partie, le risque de maladies métaboliques.

 

De plus en plus de personnes travaillent de nuit ou selon des horaires irréguliers, donc mangent à des heures irrégulières et sont plus vulnérables à la prise de poids et au diabète. En effet, des habitudes alimentaires qui ne sont pas synchronisées avec la lumière naturelle du jour induisent des effets néfastes pour la santé métabolique. Mais est-il possible d'éviter ces effets néfastes d'une horloge biologique décalée ? C’est bien ce que suggère cette équipe qui décrypte la façon dont le corps « apprend » quand il doit manger et surcompense lorsque les signaux d'horloge sont décalés.

Un lien entre l'horloge interne du foie et les centres d'alimentation du cerveau

L’étude révèle que :

  • le foie envoie des signaux au cerveau via le nerf vague, ce qui permet au cerveau de savoir si le repas a lieu à un moment qui correspond au rythme circadien du corps ;
  • ces signaux peuvent être perturbés par des horaires de travail inhabituels ;
  • le cerveau a tendance alors à surcompenser, ce qui conduit à manger trop au mauvais moment.

 

L’auteur principal, le Dr Mitchell Lazar, directeur de l’Institut du diabète, de l’obésité et du métabolisme à la Penn Medicine précise que :

« cette rétroaction se fait par une connexion nerveuse du foie au cerveau ».

Précisément, les chercheurs se sont concentrés plus spécifiquement sur les gènes appelés REV-ERB dans les cellules hépatiques de souris, REV-ERB étant bien connus comme impliqués dans la régulation du rythme circadien. Le rythme circadien du corps est un cycle interne de 24 heures qui régule diverses activités, notamment les cycles veille-sommeil, la libération d’hormones et les habitudes alimentaires.

Lorsque ces gènes REV-ERB sont désactivés chez la souris – ce qui induit une horloge hépatique défectueuse – les habitudes alimentaires ont radicalement changé,

 

  • la prise alimentaire est accrue pendant les périodes moins actives ;
  • cependant, ces effets d’une horloge déréglées apparaissent réversibles :
  • la suppression de la connexion nerveuse foie-cerveau chez les animaux obèses permet de rétablir des habitudes alimentaires normales et de réduire l’apport alimentaire.

« Cibler cette voie de communication foie-cerveau pourrait être une approche prometteuse pour la gestion du poids chez les personnes dont les rythmes circadiens sont perturbés ».

Ces travaux ouvrent ainsi la voie à de futures thérapies qui ciblent ces voies neuronales spécifiques pour corriger les troubles métaboliques causés par des horaires alimentaires irréguliers.


Plus sur le Blog Diabète
Plus sur le Blog Nutrition

Autres actualités sur le même thème