Découvrez nos réseaux sociaux
Actualités

ZIKA : Un virus furtif qui creuse son tunnel jusqu’au placenta

Actualité publiée il y a 1 mois 3 jours 10 heures
Nature Communications
L'étude explique comment et pourquoi l’infection par le virus Zika pendant la grossesse peut entraîner des troubles neurologiques, des anomalies fœtales et la mort du fœtus (Visuel Adobe Stock 1178711352)

Le virus Zika s’aménage en secret des tunnels pour infecter secrètement les cellules du placenta : c‘est la découverte à laquelle aboutit cette recherche de virologues et de biologistes du Baylor College of Medicine. Ces travaux, publiés dans la revue Nature Communications, expliquent pourquoi l’infection par le virus Zika pendant la grossesse peut entraîner des troubles neurologiques, des anomalies fœtales et la mort du fœtus.

 

L’auteur principal, le Dr Indira Mysorekar, professeur de médecine interne et de maladies infectieuses au Baylor, rappelle : « Le virus Zika, transmis par les moustiques, a déclenché une épidémie dans les Amériques en 2015 qui a fait jusqu’à 30 millions de cas en 2018. Comprendre comment le virus Zika peut se propager à travers le placenta humain et atteindre ainsi le fœtus est essentiel pour prévenir ou contrôler cette maladie dévastatrice ».

 

Jusqu'à cette recherche, on en savait en effet peu sur les mécanismes viraux sous-jacents qui permettent au virus Zika d’atteindre le placenta, un organe qui nourrit le fœtus en développement et forme, habituellement, une barrière solide de protection contre les microbes et les produits toxiques qui pourraient nuire au fœtus. L’équipe de Houston avec des collaborateurs de l'Université d'État de Pennsylvanie décryptent aujourd’hui la stratégie empruntée par le virus Zika pour se propager en secret dans les cellules du placenta, et sans générer « d'inquiétude » au niveau du système immunitaire.

Comment Zika se propage en secret jusqu’au placenta

 

L’étude révèle que le virus Zika construit des tunnels souterrains, une série de minuscules tubes appelés nanotunnels, qui permettent le transfert de particules virales vers les cellules voisines non infectées.

 

  • la formation de ces nanotunnels est exclusivement provoquée par une protéine appelée NS1 ;
  • l’exposition des cellules du placenta à la protéine NS1 du virus Zika déclenche la formation de ces tunnels ;
  • au fur et à mesure que ces tunnels se développent et relient les cellules voisines, un chemin s’ouvre permettant au virus d’envahir de nouveaux tissus et d’infecter de nouvelles cellules.

 

Un processus bien spécifique : le virus Zika est le seul virus de sa famille, qui comprend entre autres les virus de la dengue et du Nil occidental, dont la protéine NS1 déclenche la formation de tunnels dans plusieurs types de cellules. D’autres virus non liés au virus Zika, tels que le VIH, l’herpès, la grippe A et le SARS-CoV-2 (virus responsable du COVID-19), peuvent également induire de minuscules tunnels dans les cellules qu’ils infectent et utiliser ces tunnels pour se propager aux cellules non infectées. Cependant, c’est la première fois que

la formation de tunnels est démontrée dans le cadre de l’infection par le virus Zika dans les cellules du placenta.

Des nanotunnels aux fonctions multiples :

  • ces minuscules conduits permettent de transporter non seulement les particules virales,
  • mais aussi l’ARN, les protéines et les mitochondries, principale source d’énergie des cellules, des cellules infectées aux cellules voisines.
  • Ce transport des mitochondries à travers les tunnels apporte un regain d’énergie aux cellules infectées par le virus ce qui favorise la réplication virale.
  • Le fait de traverser les minuscules tunnels aide le virus Zika à éviter l’activation de réponses antivirales à grande échelle, telles que les défenses à l’interféron lambda (IFN-lambda) mises en œuvre par le placenta.

 

Cette stratégie basée sur des nanotunnels pour propager secrètement l’infection dans le placenta, protège également le virus de la réponse immunitaire.

 

Un nouvel éclairage qui dévoile des informations primordiales pour le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblées contre ce mode de transmission furtif.