GROSSESSE : Protectrice contre le COVID long ?

La grossesse pourrait réduire le risque de COVID long, conclut cette équipe de la Weill Cornell Medicine (New York) qui vient de mener, aux Etats-Unis, une vaste étude épidémiologique auprès de femmes enceintes et non enceintes. Cette recherche, présentée dans la revue Nature Communications comble une lacune importante concernant le COVID long chez les femmes infectées par le SARS-CoV-2 pendant la grossesse.
« Cette population est très importante et vulnérable, mais nous ne disposions d'aucune donnée probante sur son risque de COVID long pour orienter sa prise en charge », précise l’auteur principal, le Dr Chengxi Zang, professeur de sciences de la santé des populations au Weill Cornell.
Le COVID long a été défini par la présence de plusieurs des symptômes suivants : troubles cognitifs, encéphalopathie, troubles du sommeil, pharyngite aiguë, essoufflement, fibrose pulmonaire, douleurs thoraciques, diabète, œdème, malnutrition, douleurs articulaires, fièvre, malaise et fatigue.
L’étude analyse des données réelles recueillies dans le cadre de 2 grandes études basées sur les dossiers médicaux électroniques, le National Patient-Centered Clinical Research Network (PCORnet) et le National COVID Cohort Collaborative (N3C), soit les données d'environ 72.000 femmes infectées par le SARS-CoV-2 pendant leur grossesse entre mars 2020 et juin 2023, ainsi que d'environ 208.000 femmes témoins appariées pour l’âge et les caractéristiques démographiques, non-enceintes mais infectées pendant la période d’étude. L’analyse constate que :
- les taux de complications à long terme liées au COVID-19 ou les taux de diagnostic de COVID long sont plus faibles chez les femmes enceintes que chez leurs témoins appariés ;
- ces résultats sont cohérents dans les 2 grandes bases de données ;
- environ 16 % des femmes enceintes ont développé un COVID long vs 19 % chez les femmes non enceintes ;
Cela ne signifie pas que les femmes enceintes ne présentent pas un risque significatif de COVID long, mais que
le risque des femmes enceintes est étonnamment inférieur à celui des femmes non enceintes.
Certains groupes de femmes plus vulnérables que d’autres : c’est la 2è conclusion importante de l’analyse : les femmes enceintes afro-américaines, d'âge maternel avancé (35 ans ou plus à l'accouchement), ou souffrant d'obésité ou d'autres troubles métaboliques se révèlent plus susceptibles de développer un COVID long. Cependant, ce risque reste tout de même inférieur à celui de leurs témoins appariés. Ces conclusions appellent donc à des recherches plus approfondies sur des facteurs tels que l'inégalité d'accès aux soins, les facteurs socio-économiques et la discrimination pour mieux comprendre le risque plus élevé de COVID long chez ces groupes de femmes.
Quelle explication au caractère protecteur de la grossesse ? Les auteurs font l'hypothèse que l'altération de l'environnement immunitaire et inflammatoire durant la grossesse et jusqu’à 6 semaines après l'accouchement pourrait contribuer à réduire le risque de COVID long.
Autres actualités sur le même thème
DÉPRESSION POST-PARTUM : Et si elle se détectait dans le rythme cardiaque du bébé ?
Actualité publiée il y a 4 années 6 moisDIABÈTE : Vous empêche-t-il de dormir ?
Actualité publiée il y a 5 années 7 moisPÉRIMÉNOPAUSE : Une fenêtre de vulnérabilité pour la dépression
Actualité publiée il y a 9 mois 1 semaineFERTILITÉ : Les œufs restent frais avec l'épigénétique
Actualité publiée il y a 7 années 2 mois