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GROSSESSE : Stress maternel, stress à vie pour l’enfant ?

Actualité publiée il y a 1 mois 3 jours 10 heures
Proceedings of the Royal Society B
L'exposition au stress en début de grossesse affecte bien la progéniture jusqu'à l'âge adulte (Visuel Adobe Stock 147565110)

L'exposition au stress en début de grossesse affecte bien la progéniture jusqu'à l'âge adulte, révèle cette recherche de long terme, menée par une équipe du Deutsches Primatenzentrum (DPZ) qui travaille sur des singes sauvages en Thaïlande. Une démonstration présentée dans les Proceedings of the Royal Society B, dont les auteurs assurent qu’elle est significative pour l’Homme.

 

Car cet effet durable sur le système de stress de la progéniture est lié aux niveaux d'hormones de stress maternel au début de la grossesse. Et ces niveaux liés au stress maternel sont particulièrement critiques au cours de la première moitié de la grossesse. Ainsi, la recherche montre que des hormones de stress élevées plus tard dans la grossesse ou après la naissance n’ont pas des effets aussi prononcés.

Le 1er trimestre, une fenêtre critique pour le développement du système d’hormones de stress

L’étude examine comment le stress maternel affecte le système d’hormones de stress de la progéniture et constate une activation de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA), qui joue un rôle central dans la gestion du stress. Cet axe HPA peut être considérablement influencé par l’exposition aux glucocorticoïdes maternels au cours du développement.

 

La phase précoce de différenciation des organes est particulièrement critique : l’un des auteurs principaux, Simone Anzá, chercheur à l’université de Göttingen et au DPZ ajoute :

« l’activité de l’axe HPA des bébés est renforcée par les difficultés rencontrées par la mère pendant la grossesse.

Ces difficultés comprennent les pénuries alimentaires ou les conflits sociaux ».

 

Une méthodologie du réel : contrairement aux études en laboratoire, les singes ont été observés dans leur habitat naturel et cela durant plus de 9 ans. Les chercheurs ont mesuré dans les selles des animaux la concentration de métabolites glucocorticoïdes afin de déterminer leur exposition à des facteurs environnementaux de stress. Ces valeurs ont été comparées aux niveaux d’hormones de stress des petits à différents âges de la vie. L’analyse révèle que :

 

  • les effets sur l’axe HPA des petits sont très marqués de la petite enfance à la période juvénile et jusqu’à l’âge adulte ;
  • ce stress prénatal précoce s’avère également associé à une croissance altérée, à des changements négatifs dans le microbiome intestinal et à une fonction immunitaire dégradée ;
  • en revanche, les taux de glucocorticoïdes maternels en fin de grossesse ou pendant l’allaitement n’ont aucune influence sur les marqueurs de stress de ses petits.

 

Le moment de l’exposition maternelle aux hormones de stress pendant et après la grossesse affecte ainsi de manière décisive les conséquences sur le développement et la santé de ses bébés.

 

Ce même effet est fort probable sur la santé des humains et il est donc crucial de veiller à la santé mentale des femmes tout particulièrement au cours du premier trimestre de grossesse.


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